Un reportage diffusé le 20 novembre sur France 2  dénonçait les pratiques de certaines entreprises qui récupèrent les textiles. Depuis, La Chiffo a enregistré une baisse de 50 % des dons.

Un baisse de 50% des dons

C’est lundi. Les clients ne se bousculent pas dans la boutique de La Chiffo, route de Trouville. Dans les ateliers, l’activité a l’air normale, autant qu’on puisse en juger. Mais Christine Julien-Juillet, la dynamique directrice des lieux, a tôt fait de rappeler le contexte : « Nous enregistrons, pour la première fois, une baisse de 50 % des dons de textiles. Nous avons même dû entamer un petit stock de réserve de vêtements d’hiver pour donner du travail à nos fripières. »

Qu’est-ce qui a bien pu créer un tel « cataclysme » ? « Le reportage diffusé il y a quinze jours sur France 2, pointe sans hésiter Christine Julien-Juillet. Il dénonçait des pratiques qui n’ont rien à voir avec ce que nous faisons. À La Chiffo, quand on donne des vêtements, ils ne finissent pas dans une décharge. »

La directrice énumère les chiffres : 273 tonnes de textiles collectées à La Chiffo l’an dernier, dont 27 % sont jugées dignes d’être revendues à la boutique ; 73 % des vêtements envoyés à Cobanor Tritex (lire par ailleurs) pour être recyclés et réutilisés sous différentes formes.

« Et surtout, la récupération des textiles, c’est un support pour faire de l’insertion. Ça, ça n’a pas été mis en valeur. »

« La Chiffo, c’est du traitement local »

La Chiffo, qui fête ses 20 ans après avoir déjà connu une période sombre l’an dernier, emploie aujourd’hui 45 salariés, majoritairement des femmes. « Nous avons une habilitation pour 51 personnes, précise Christine Julien-Juillet. La moitié de ceux qui quittent La Chiffo ont une formation professionnelle ou un contrat de travail. » L’objectif du chantier d’insertion est de parvenir à 60 % et de faire certifier les compétences à la sortie des CDD d’insertion (deux ans maximum).

Dans la boutique, les clientes sont arrivées. Danielle, qui vient à La Chiffo depuis deux ans, donne des vêtements régulièrement. Elle a vu le reportage de France 2« Mais je n’ai pas du tout pensé à La Chiffo, ni à Emmaüs. » Pourtant, elle reconnaît qu’elle est maintenant plus tentée de venir déposer ses dons directement, plutôt que de les mettre dans les bennes…

Pour le reste, elle ne tarit pas d’éloges sur la boutique, où elle fait souvent des achats, pour elle et sa famille. « On y trouve des choses de qualité, à prix mini. » Il lui arrive de retrouver sur les étagères tel ou tel vêtement qu’elle a donné.

(Source : Ouest France)

2018-04-11T12:21:04+00:00